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Revoluc, de l'impact environnemental des changements d'affectation des sols

Synthèse des connaissances scientifiques sur les impacts environnementaux de changements d’affectation des sols liés à des réorientations agricoles, forestières, ou territoriale, l'étude Revoluc décrit un corpus de quelque 5 700 références bibliographiques et analyse les impacts associés aux changements d’affectation des sols induits par la production de bioénergie.

Plantation de canne à sucre sur l'île de La Réunion.. © Inra, MAITRE Christophe
Mis à jour le 16/01/2018
Publié le 03/01/2018

Les publications scientifiques traitant du changement d’affectation des sols (CAS) et de son rôle dans les évaluations environnementales sont désormais abondantes notamment dans le domaine de la production agricole. En effet, une modification des pratiques agricoles, qu’il s’agisse de simples ajustements de techniques existantes, de substitution d’une technique par une autre ou de la réorientation plus conséquente d’un système de culture ou d’élevage, peut entrainer un changement d’affectation des sols à diverses échelles et avoir de ce fait un effet notable sur l’environnement. L’intégration des impacts des CAS dans les évaluations environnementales n’est pas un exercice facile car les CAS sont sous la dépendance de multiples facteurs tels que les prix, les rendements, la nature des agroécosystèmes transformés, les régimes alimentaires, des mesures et incitations politiques.

Revoluc, un corpus de références

L’étude Revoluc (en anglais, Review of Land Use Change), conduite sous la responsabilité de l’Inra dans le cadre du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) "Changement d’affectation des sols", avait pour but de réaliser une analyse systématique de la littérature internationale portant sur l'impact environnemental des CAS afin de mieux cerner l’ampleur des phénomènes étudiés et d’identifier les questions de recherche émergentes. Un corpus d'environ 5 700 références publiées entre 1975 et 2015 a été identifiées, ces références couvrent huit grands thèmes parmi lesquels l'agriculture, la forêt et le stockage de carbone, l'aménagement des territoires et l'urbanisation, la bioénergie.

Revoluc, changements d’affectation des sols et production de bioénergie

L’analyse des références du corpus concernant la bioénergie (240) montre que, même si plusieurs types d’impact ont été étudiés par les scientifiques (biodiversité, qualité des milieux, émissions de gaz à effet de serre, consommation de ressources non renouvelables), une forte proportion des études se focalise sur l’impact des biocarburants sur les émissions de gaz à effet de serre, le sol ou la ressource en eau.

Dans l'ensemble, la substitution des combustibles fossiles par la biomasse à vocation énergétique apparaît bénéfique même en tenant compte des CAS. Une fraction non négligeable des études aboutit toutefois à des conclusions opposées ou variables, selon les caractéristiques de la filière évaluée. Certains résultats sont plus tranchés comme l'impact négatif de la production de biomasse énergétique sur la biodiversité ou sur la consommation d'eau. Les cultures pérennes présentent un profil plus favorable que d'autres sources de biomasse.

Une méta-analyse des émissions de gaz à effet de serre induites par la biomasse énergétique (50 articles) a montré que les biocarburants de deuxième génération et la bioélectricité avaient le plus fort potentiel d'abattement d’émission par rapport aux carburants fossiles. Cependant, les résultats restent largement incertains, et plus faibles que ce que supposent les modèles technico-économiques utilisés pour les projections climatiques.

 

Au-delà, l'étude Revoluc a mis en évidence des lacunes importantes dans les connaissances : l’impact des CAS induits par la production de biomasse sur la biodiversité, la qualité de l'air ou la santé humaine a fait l’objet de très peu de travaux et, d’une façon plus générale, les impacts de l'ensemble des ré-orientations ne sont abordés que de façon fragmentaire et partielle, ce qui complique la mobilisation de ces connaissances dans le cadre d'objectifs de politiques publiques. Revoluc souligne les futurs besoins de recherche sur les implications environnementales de la bioéconomie.