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Colza d’hiver, de l’intérêt de lui associer des plantes compagnes légumineuses

Alternative agro-écologique possible aux intrants de synthèse, l’association de plantes de services légumineuses à la culture du colza d’hiver diminue globalement la pression des mauvaises herbes sans réduire le rendement des cultures. Une pratique prometteuse dont il convient d’évaluer plus avant la durabilité.

Champ de colza en fleurs, en Anjou.. © Inra, GAIGNARD Jean-Luc
Mis à jour le 11/01/2018
Publié le 11/01/2018

L’évolution de l’agriculture vers la durabilité passe notamment par la mise en œuvre de nouvelles pratiques, à même de limiter le recours aux pesticides et engrais de synthèse, parmi lesquelles, l’association d’une culture de rente avec des plantes de services non récoltées ou « plantes compagnes ».

Largement cultivée dans l’hémisphère nord, le colza n’en est pas moins une plante sensible aux insectes et à la compétition des mauvaises herbes. Des chercheurs de l’Inra et leurs collègues ont évalué les effets de son association à diverses plantes compagnes sur le salissement des parcelles, la nutrition azotée et les rendements de récolte du colza d’hiver et analysé leurs sources de variabilité.

En pratique, ils ont comparé 79 essais de plein champ associant colza d’hiver et plantes compagnes légumineuses. Ces dispositifs couvraient un large éventail de conditions pédoclimatiques et de pratiques dans la moitié nord-ouest de la France.

Colza et plantes compagnes légumineuses, une association gagnante…

Semés conjointement en fin d’été, le colza et ses plantes compagnes croissent ensemble pendant l’automne jusqu’aux gels hivernaux. Les plantes compagnes implantées sont sensibles au gel, de manière à ce qu’elles puissent être détruites naturellement par le froid pendant l’hiver.

Pendant la phase de croissance automnale, colza et plantes compagnes, mais aussi mauvaises herbes, rivalisent vis-à-vis des nutriments et de la lumière. Le colza est moins affecté par cette compétition lorsque les plantes compagnes sont des légumineuses car celles-ci sont moins compétitrices pour l’azote du fait de leur capacité à fixer l’azote de l’air.

A l’entrée de l’hiver, la présence de plantes compagnes a permis de réduire la biomasse des mauvaises herbes de 38 à 52 %, sans qu’aucune espèce n’apparaisse être plus efficace qu’une autre. A la récolte, les plantes compagnes non légumineuses ont diminué le rendement en colza (moins 5,8 qx/ha par rapport au colza pur) mais, à l’inverse, les plantes compagnes légumineuses, comme la fèverole seule ou en mélange avec la lentille, ont conduit à une augmentation de ce rendement de 1,6 à 1,2 qx/ha.

Féverole, lentille ou un mélange des deux ont par ailleurs permis de réduire les apports d’azote jusqu’à 25 % (30 à 40 kg/ha), sans que le rendement de la culture ne diminue significativement.

… quelles que soient les conditions culturales ou environnementales

Les performances de chacune des espèces de plantes compagnes étaient globalement peu dépendantes des conditions dans lesquelles étaient réalisés les essais, soulignant la validité des résultats sur un large éventail de conditions culturales et environnementales.

L’ensemble de ces résultats montre que la culture du colza en présence de plantes compagnes légumineuses non récoltées est une pratique prometteuse, surtout dans les sols à faible teneur en azote, la fèverole seule ou en mélange avec la lentille présentant les meilleures performances globales. Des études complémentaires devront cependant être conduites pour évaluer précisément les intérêts socio-économiques et environnementaux liés à l’utilisation des plantes compagnes afin d’éprouver la durabilité de cette pratique.

Des légumineuses, seules ou en mélange, comme compagnon de route

Les espèces non légumineuses ont été graduellement abandonnées au profit des espèces de légumineuses, du fait d’une compétition trop importante avec la culture de colza.

Les plantes compagnes légumineuses, utilisées seules, étaient principalement la fèverole (Vicia faba), la lentille (Lens culinaris) et le pois fourrager de printemps (Pisum sativum).

Elles étaient semées à 75 % du taux généralement utilisé pour les monocultures de l'espèce concernée.

Trois mélanges ont été également mis en œuvre : fèverole + lentille ; gesse (Lathyrus sativus) + fenugrec (Trigonella foenumgraecum) + lentille ; vesce commune (V. sativa) + vesce pourpre (V. benghalensis) + trèfle d’Alexandrie (Trifolium alexandrinum). La densité de semis de chaque espèce en mélange était réduite proportionnellement au nombre d'espèces.

reference

Verret V., Gardarin A., Makowski D., Lorin M S., Butier A., & Valantin-Morison M. (2017). Assessment of the benefits of frost-sensitive companion plants in winter rapeseed. European Journal of Agronomy 9: 93. 10.1016/j.eja.2017.09.006.