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Recommandations alimentaires, politiques d’information et comportement des consommateurs

A la faveur d’une méthodologie qui prend en compte le comportement du consommateur, l’évaluation des coûts et bénéfices de diverses recommandations alimentaires souligne l’intérêt des politiques d’information des consommateurs.

Fruits et légumes sur les étals du marché procençal de la ville de Fréjus (83600, Var).. © Inra, SLAGMULDER Christian
Mis à jour le 05/09/2017
Publié le 11/07/2017

Associée à un manque d’activité physique, une alimentation déséquilibrée, trop riche notamment en gras, en sucres et en sel ou déficitaire en fruits et légumes, est à l’origine d’un nombre important de pathologies chroniques (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2 et certains types de cancer). Ce constat a amené de nombreux pays à promouvoir des campagnes d’information - sous l’égide du Programme National Nutrition Santé (PNNS) dans le cas de la France – pour inciter les consommateurs à adopter une alimentation meilleure pour la santé.

L’alimentation contribue également aux émissions totales de gaz à effet de serre puisque de 15 à 30 % des émissions des pays développés sont liées à la chaine alimentaire, depuis la production jusqu’à la consommation. La nécessité de limiter ces émissions conduit de nombreux experts à recommander des changements de comportements alimentaires et à adopter des régimes alimentaires ayant moins d’effet sur le plan environnemental. A l’heure actuelle, ces recommandations, qui portent notamment sur la baisse de la consommation de produits d’origine animale, ne sont pas intégrées dans les campagnes d’information mises en place par la puissance publique en France.

Ce double constat soulève un certain nombre de questions : comment les régimes alimentaires actuels doivent-ils évoluer pour en améliorer les impacts de santé publique et environnementaux ? Quelles recommandations promouvoir en priorité dans des campagnes d’information destinées à la population générale ? Quels sont ceux qui présentent le meilleur bilan coût-bénéfice si l’on prend en compte, à la fois, les externalités de santé et environnementales et les coûts d’adaptation auxquels font face les consommateurs ?

De l’intérêt de prendre en compte les préférences des consommateurs

Des chercheurs de l’Inra et leurs collègues ont proposé récemment une méthodologie pour évaluer les coûts et les bénéfices de diverses recommandations alimentaires et nutritionnelles. La principale originalité de leur approche est de prendre en compte le comportement du consommateur. A la différence de nombreux autres travaux, l’adaptation des régimes alimentaires, consécutive à la mise en œuvre des recommandations de consommation est déterminée sur la base des préférences des consommateurs. Celles-ci sont caractérisées à partir de l’analyse des données d’achats alimentaires d’un échantillon de 20 000 ménages français.

Les coûts pris en compte dans l’évaluation sont, d’une part, les coûts d’adoption des recommandations par les consommateurs et, d’autre part, les coûts associés aux campagnes d’information et de promotion des recommandations. Les bénéfices potentiels proviennent de l’impact en santé publique (réduction des décès liés à un ensemble de maladies chroniques) et de l’impact environnemental (réduction des émissions de gaz à effet de serre).

Il ressort en particulier que le coût d’adoption par les consommateurs varie fortement selon les recommandations envisagées ; les objectifs environnementaux et de santé publique sont généralement compatibles ; la valeur économique des effets sur la santé est généralement bien supérieure à celle des effets environnementaux ; pour bon nombre de recommandations, les politiques d’information des consommateurs présentent un bilan coût-bénéfice favorable suggérant qu’il est pertinent d’intensifier ces campagnes de promotion.

Dans le cadre du projet européen SUSDIET (Programme ERANET-SUSFOOD), des analyses du même type, utilisant la même méthodologie, sont menées dans d’autres pays. Il sera intéressant de mesurer en quoi les conclusions sur les recommandations alimentaires et nutritionnelles convergent ou non au sein de quelques pays de l’Union européenne. 

En savoir plus

Irz X., Leroy P., Réquillart V., Soler L-G. (2015). Economic assessment of nutritional recommendations. Journal of Health Economics. 39: 188.

Irz X., Leroy P., Réquillart V., Soler L-G. (2016). Welfare and sustainability effects of dietary recommandations. Ecological Economics. 130: 139.

Irz X., Leroy P., Réquillart V., Soler L-G. (2016). Beyond Wishful Thinking: Integrating Consumer Preferences in the Assessment of Dietary Recommendations. PLoS ONE 11(6): e0158453. doi:10.1371/journal.pone.015845