Faustine Régnier, pour un éclairage sociologique de l’alimentation

Alimentation, perception du corps et normes

A. Regnier, sociologue au sein de l'UR Alimentation et sciences sociales, centre Inra Île-de-France - Versailles-Grignon. © Quentin Crestinu
Mis à jour le 09/11/2017
Publié le 13/09/2017

Après un premier parcours en géographie et en ethnologie, Faustine Régnier intègre en 1998 l’Institut d’études politiques de Paris, plus communément dénommé SciencesPo. Autour de l’alimentation, qu’elle affectionne, elle rassemble alors géographie, ethnologie et sociologie et obtient en 2003, le prestigieux Prix Jean Trémolières pour sa thèse de doctorat en sociologie, consacrée aux Constructions sociales de l’exotisme. Une comparaison France / Allemagne

La même année, elle est recrutée à l'Inra, en qualité de Chargé de recherche au sein de l'unité de recherche Alimentation et sciences sociales. Elle s’intéresse alors à l’obésité, ce qui l’amène à questionner conjointement les thèmes de l’alimentation et de la perception sociale du corps, d’une part, et des normes qui les sous-tendent, d’autre part. Un fil d’Ariane que F. Régnier déroule encore aujourd’hui, de l’intégration et mise en pratique des recommandations nutritionnelles émises dans le cadre des campagnes de santé publique, jusqu’aux normes diffusées par les outils numériques et la diversité de leurs appropriations.

L’alimentation dans sa dimension internationale

Depuis quelques années, F. Régnier a donné une forte dimension internationale à ses travaux. C’est ainsi qu’elle travaille sur

  • l'intégration des recommandations nutritionnelles et les normes de de corpulence, réalisant une analyse rétrospective des normes en France et aux Etats-Unis, sur une longue période (1934-2010), dans un corpus de la presse féminine.

Ce travail a été l’occasion pour elle de faire un séjour aux Etats-Unis, dans le DépartementNutrition, études alimentaires et santé publique (en anglais, Nutrition, Food Studies and Public Health) de l’Université de New-York (2011-2012).

  • la stratification sociale des consommations et les inégalités sociales de santé, à travers l’obésité et l’impact inégal des recommandations nutritionnelles ;
  • les relations entre alimentation et perception du corps, examinant par exemple la diversité culturelle des interrelations entre pratiques alimentaires et perception du corps en comparant France et Etats-Unis, puis deux pays européens, la France et le Luxembourg.

Dans ce contexte, F. Régnier a séjourné au Luxembourg, en qualité de chercheur invité de la Faculté des Lettres, des Sciences humaines, des Arts et des Sciences de l'Education (Unité de recherche Inside) de l’Université du Luxembourg (2014-2016).

Plus récemment, elle a développé des projets de recherche sur  la saisonnalité des consommations, comme levier d’une alimentation plus durable

Vers une alimentation connectée

En parallèle, F. Régnier a initié une nouvelle thématique de recherche sur les outils connectés et leurs usages et conséquences sur les pratiques alimentaires et la mesure du corps. Elle s’attache à analyser des usages et des impacts des outils de self-tracking « santé / alimentation / activité physique » versus outils numériques “culinaire”, leurs usages et conséquences sur les pratiques alimentaires, en comparaison sociale.

Sur cette nouvelle thématique, trois projets scientifiques qu’elle coordonne ou auxquels elle contribue, sont d’ores et déjà soutenus  par l’Inra dans le cadre du Métaprogramme Did’It (Diet 3.0 – Usages et impacts des outils connectés pour une meilleure alimentation, 2016-2019), par la Direction régionale interdépartementale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt d'Île-de-France et Ferrero (FacilEat4All - Leviers et outils de promotion d’une meilleure alimentation pour tous via le numérique, 2017-2018) et par l’université Parsis-Saclay (NutriPerso - Tailoring food and dietary recommendations to prevent chronic diseases: health, social and economic issues).  

Sociologue de l’alimentation reconnue par ses pairs, elle a mis plusieurs fois ses compétences au service d‘expertises conduites par l’Inserm  (Les inégalités sociales en matière de perception des recommandations nutritionnelles, 2015) et la Haute Autorité de santé (Surpoids et obésité de l’enfant et de l’adolescent, 2011). Elle aime également contribuer à la formation par la recherche auprès d’étudiants dont elle encadre les travaux.

Une palette d’activités qu’elle porte avec plaisir, mettant en avant une courte citation qu’elle affectionne tout particulièrement

Ils aboient, Sancho, c’est signe que nous avançons .

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Mini-CV

45 ans

  • Distinction scientifique

2003 Prix Jean Trémolières

  • Carrière

2003 Chargée de recherche Inra

  • Diplômes, formation

2002-2003 Post-doctorat (Observatoire sociologique du changement - Institut d'Etudes politiques de Paris, CNRS, Institut des sciences humaines et sociales)

2002 Thèse de doctorat (Institut d'Etudes politiques de Paris).