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Assurance veuvage par les garçons au Sénégal

Grâce à des données originales, des chercheurs en sciences économiques montrent que les choix de fécondité des femmes sont en partie déterminés par leurs besoins en matière d’assurance veuvage.

Parcelle irriguée de piments au Sénégal.. © Inra, PALLOIX Alain
Publié le 15/06/2017

Les coûts non-monétaires des mécanismes d’assurance informelle présents dans les pays en voie de développement sont généralement ignorés. En particulier, les mécanismes intrafamiliaux d’assurance apparaissent comme un des aspects de la solidarité supposée caractériser ces économies et dont le seul coût pour les bénéficiaires est celui de la réciprocité. Si cela n’est pas le cas, on sous-estime le potentiel de gain en bien-être permis par des filets de sécurité sociaux par exemple.

Veuvage et héritage au Sénégal

Au Sénégal, en cas de décès d’un homme, ses enfant héritent mais pas son épouse. Une veuve dépend donc de ses enfants pour son accès aux ressources du défunt. Les enfants que le mari a eus d’un précédent mariage sont des rivaux en matière d’héritage. Ainsi, une femme doit s’assurer que ses propres enfants sont en nombre suffisant (et en particulier qu’elle a assez de fils puisque ceux-ci héritent le double de leurs sœurs) pour ne pas être dépossédée en cas de veuvage

En pratique, les scientifiques ont mis en évidence que les femmes dont le mari a eu des enfants d’un précédent mariage accélèrent leur fécondité jusqu’à avoir un garçon. Les femmes avec rivaux et sans garçon ont une probabilité d’avoir des naissances en succession rapide (avec moins de 24 mois d’écart) jusqu’à deux fois supérieure à celle des autres femmes. Or, les intervalles de naissance inférieurs à 24 mois augmentent fortement les risques de mortalité maternelle et néonatale.

Le coût en santé de s’assurer par la fécondité pour ne pas être dépossédée en cas de décès du mari est donc potentiellement très fort.

En savoir plus

Sylvie Lambert and Pauline Rossi (2016). Sons as widowhood insurance: Evidence from Senegal. Journal of Development Economics, 120: 113. doi:10.1016/j.jdeveco.2016.01.004