Qinwu Chen, un étudiant chinois à Versailles

Lauréat d’une bourse de l’Académie des Sciences de Chine, Qinwu Chen a rejoint l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra, AgroParisTech, ELR CNRS)

Lauréat d’une bourse de l’Académie des Sciences de Chine, Q. Chen rejoint l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra, AgroParisTech, ELR CNRS) pour un séjour de quatre ans (2015-2019).. © Inra, Corine Enard
Mis à jour le 12/09/2016
Publié le 16/06/2016

Lauréat d’une bourse de l’Académie des Sciences de Chine (CAS), Qinwu Chen a rejoint l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra, AgroParisTech, ELR CNRS) en octobre 2015 pour un séjour de quatre ans.

Titulaire d’un master en agronomie de l’Université agricole de Chine, Q. Chen va ainsi préparer un doctorat en Sciences de la vie. Il travaillera sur le rôle de l’autophagie pour la remobilisation de l’azote et l’adaptation des plantes à l’environnement.

L’autophagie, un processus essentiel à la longévité des cellules eucaryotes…

L'autophagie est un mécanisme cellulaire qui permet aux organismes de recycler efficacement leurs nutriments afin d'assurer leur croissance, leur reproduction ainsi que leur survie lorsque leur environnement devient défavorable. Chez les organismes eucaryotes, l'autophagie contribue à la longévité et à l’homéostasie cellulaire en éliminant les protéines altérées et les organites défaillants. Chez les plantes, cette fonction de nettoyage et de recyclage est essentielle puisque, du fait de leur immobilité, elles ne peuvent changer d’environnement lorsque celui-ci devient hostile.

Chez Arabidopsis thaliana, l’autophagie est induite dans les feuilles pendant la sénescence et dans les graines pendant leur maturation. Dans les feuilles, elle est impliquée dans l’élimination et la dégradation de protéines oxydées qui apparaissent au cours du vieillissement, lorsque les fonctions cellulaires sont altérées. Lorsque les protéines oxydées s’accumulent dans la cellule, les vésicules d’autophagie appelées autophagosomes les séquestrent et les délivrent dans la vacuole lytique qui les digère. Ce processus contribue également au recyclage des protéines et donc de l’azote. Incapables de recycler et de mobiliser leurs réserves azotées efficacement, les mutants d’autophagie sont ainsi hypersensibles à la limitation en azote.

….et un formidable sujet de thèse

Au sein d’une équipe dont la renommée internationale dans le domaine de la remobilisation des ressources azotées en réponse aux contraintes environnementales et lors du vieillissement cellulaire n’est plus à faire, Q. Chen a pour objectifs

  • de transférer les connaissances acquises sur A. thaliana vers une plante d’intérêt agronomique en étudiant, chez l'orge, la contribution de l’autophagie au remplissage du grain, notamment en réponse à la limitation en nitrate, l'une des formes d’azote directement assimilable par les plantes ;
  • de déterminer les substrats spécifiques de l'autophagie dans les feuilles sénescentes d'A. thaliana ;
  • d’examiner les processus de dégradation alternatifs mis en place dans les feuilles sénescentes notamment ceux associés aux activités protéolytiques vacuolaires.

Ces perspectives s’annoncent enrichissantes et Q. Chen s’en est déjà emparé avec enthousiasme. Plus largement, ce séjour va lui permettre de renforcer ses connaissances dans le domaine de la nutrition azotée et de la physiologie de la plante entière. Il lui permettra également d’acquérir de nouveaux outils et de s’approprier le français, une langue nouvelle pour lui et dans laquelle il progresse de façon remarquable. De retour en Chine il souhaite poursuivre une carrière universitaire et maintenir des liens avec l’Inra et son actuel laboratoire d’accueil.