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Arbitrages entre performance productive, robustesse et adaptabilité du pâturage

L’incertitude environnementale est au coeur des enjeux de la gestion des systèmes d’élevage herbagers. La quantification des relations d’arbitrage entre production d’une part et robustesse et adaptabilité à cette incertitude d’autre part, conduit à déterminer un gradient de séquences de pâturage allant de stratégies de gestion adaptative à des stratégies de surcapacité.

Troupeau de vaches Montbéliardes en pature sur une prairie.. © INRA, SLAGMULDER Christain
Mis à jour le 29/06/2015
Publié le 23/04/2015

Les limites environnementales, sociales et économiques du modèle de production intensif post-deuxième guerre mondiale ont entrainé un regain d’intérêt pour les systèmes d’élevage valorisant fortement la ressource herbagère. Les références techniques nécessaires sont disponibles depuis longtemps mais remettre le pâturage au centre des stratégies d’alimentation nécessite aussi et surtout de repenser la place de l’incertitude dans l’élaboration et le choix des séquences de pâturage par l’éleveur. Dans un tel contexte, les critères de performances ne peuvent se limiter à des niveaux de production (quantitative ou qualitative) mais doivent également concerner les propriétés de robustesse et d’adaptabilité face à l’incertitude environnementale (e.g. incertitude météorologique) qui entraine une incertitude sur la ressource fourragère un risque de surpâturage.

Production, robustesse et adaptabilité

En mobilisant le cadre mathématique de la théorie de la viabilité, des chercheurs de l’Inra Versailles-Grignon et leurs collègues américains, ont quantifié les liens entre les niveaux de production et les propriétés de robustesse et d’adaptabilité d’un ensemble de séquences de pâturage. Ils ont ainsi développé un modèle dynamique de ressources fourragères en environnement incertain, calibré sur le cas d’étude de prairies permanentes relativement intensives du sud du Wisconsin (USA).

A la faveur de ce modèle, les chercheurs ont montré qu’il existe des arbitrages entre production, robustesse et adaptabilité qui rendent les séquences les plus productives très sensibles à l’incertitude environnementale. Plus précisément, les séquences de pâturage se répartissent sur un gradient allant de séquences peu productives, adaptables, robustes et nécessitant peu d’adaptations aux variations d’environnement à des séquences très productives mais montrant une faible robustesse et nécessitant des adaptations constantes bien qu’ayant un potentiel d’adaptation limité. Les deux extrêmes de ce gradient correspondent à deux stratégies contrastés de prise en compte de l’incertitude : surcapacité et gestion adaptative. La position des différentes stratégies de pâturage sur ce gradient dépend à la fois de l’intensité et de la temporalité du pâturage.

Intégrer la dimension économique de l’évaluation

L’application de ce cadre de travail à une diversité de systèmes d’élevage et en intégrant la dimension économique de l’évaluation des performances devrait permettre de définir les conditions et les systèmes dans lesquels les stratégies de surcapacité ou de gestion adaptative sont à préférer. En parallèle de ces dimensions théoriques, une deuxième perspective est l’utilisation de ces résultats comme support de discussion avec les agriculteurs nord-américains dans le cadre de formations à la conduite du pâturage.

Ce travail et leurs résultats sont un des faits marquants de l'Inra Versailles-Grignon au titre de l'année 2014.

En savoir plus

Sabatier R., Oates L.G., Brink G.E., Bleier J. and Jackson R.D. 2014. Grazing in an uncertain environment: modeling the trade-off between production and robustness. Agronomy Journal 107: 257.