• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Trois repas par jour, un modèle à la française bien ancré en région parisienne

Trois repas par jour, une tradition bien française que des chercheurs en sciences sociales de l’Inra Versailles-Grignon ont explorée. Si ce rituel est bien ancré dans les pratiques des familles franciliennes, il est sujet à de fortes pressions socio-économiques à même d’expliquer notamment que les femmes en situation précaire ont, plus que les hommes, tendance à sauter un repas. Des résultats à explorer plus avant.

Repas familial.. © Inra, MAITRE Christophe
Mis à jour le 18/11/2015
Publié le 05/03/2013
Mots-clés : Alimentation - PNNS

Dans un contexte de prévention de l’obésité et des maladies cardiovasculaires, les recommandations du Plan national nutrition santé préconisent de prendre trois repas par jour, de s’accorder le temps nécessaire pour manger et d’éviter de sauter des repas. Ces recommandations cautionnent des pratiques ancrées de longue date dans l’histoire des repas français.

Des chercheurs en sciences sociales de l’Inra Versailles-Grignon et leurs collègues de l’Inserm et du CNRS se sont intéressés à la fréquence des repas en milieu urbain. Ils ont cherché à évaluer si le modèle à la française, basé sur trois repas par jour est toujours en vigueur et dans quelle mesure la structure familiale, le sexe, la pauvreté et les migrations ont un effet sur la fréquence des repas1. Les personnes enquêtées ont détaillé les horaires et les rangs de chacun de leur repas, afin que l’étude ne soit pas biaisée par la déclaration d’un nombre de repas, toujours soumise au risque d’une conformité à la norme.

Les chercheurs ont ainsi montré qu’en France, le rituel des trois repas est encore bien  ancré dans les pratiques des habitants d’Île-de-France - 66 % des personnes enquêtées déclarent prendre trois repas par jour et un quart déclare deux repas - alors que l’on aurait pu s’attendre à ce que les contraintes horaires et la vie urbaine bouleversent ces habitudes. A ces repas, certains, en plus faible proportion, ajoutent une quatrième collation. Ces quatre repas se concentrent sur quatre plages horaires correspondant au petit déjeuner, au déjeuner, au dîner, et dans une moindre mesure, au goûter. Les femmes, mais aussi les personnes âgées de plus de 60 ans ainsi que les personnes vivant en couple se conforment le plus à l’usage des trois repas. A ces différences liées à l’âge et à la composition du foyer, s’ajoutent des disparités sur le plan socioéconomique : cet usage est de mise dans les classes sociales aisées, plus au fait des recommandations sanitaires et moins contraintes au niveau de leur budget, à l’inverse, les habitants des quartiers les plus défavorisés s’y conforment moins souvent. En revanche, un quart des personnes enquêtées ne déclarent que deux repas par jour et plus particulièrement les personnes à faibles revenus et les femmes vivant seules avec des enfants.

Ces travaux éclairent sous un jour nouveau la prise des repas en région parisienne : ils confirment un rythme à trois temps qui a encore de beaux jours devant lui, ils soulignent l’importance de la famille dans la prise des repas, ils mettent en exergue  des contraintes socio-économiques fortes qui pèsent sur la fréquences des repas notamment des femmes en situation précaire et écartent définitivement une éventuelle déstructuration des liens familiaux susceptible d’expliquer la désorganisation des repas.

1 L’analyse porte sur  les données de l’enquête SIRS (Santé, inégalités, ruptures sociales) recueillies en 2010 auprès de 3006 personnes adultes de l’agglomération parisienne.

Référence
Lhuissier A. et al. 2013.Who Still Eats Three Meals a Day?  Findings from a Quantitative Survey in the Paris Area. Appetite 63: 59.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :